Le Temps qu’il reste de Elia Suleiman

Publié le 01 janvier 2010

Dim 31/01 à 20h

The Time That Remains est un film en partie autobiographique, construit en quatre épisodes marquants de la vie d’une famille, ma famille, de 1948 au temps récent.
Ce film est inspiré des carnets personnels de mon père, et commence lorsque celui-ci était un combattant résistant en 1948, et aussi des lettres de ma mère aux membres de sa famille qui furent forcés de quitter le pays.
Mêlant mes souvenirs intimes d’eux et avec eux, le film dresse le portrait de la vie quotidienne de ces palestiniens qui sont restés sur leurs terres natales et ont été étiquetés « Arabes-Israéliens », vivant comme une minorité dans leur propre pays.

Dans le style ‘il faut mieux en rire que pleurer’, voici donc, de tous les films palestiniens passés par la Boîte à Films, le moins politiquement correct au niveau de la forme.

C’est toute l’histoire de la ‘cohabitation’ arabo-israélienne depuis 1948 à travers le destin du réalisateur qui se met en scène.

Film d’images plus que de dialogues, images filmées et images symboles. Comique de répétition, gestuelle mécanique,  théâtre de l’absurde, on n’est pas loin d’Ubu et de Godot. On ose pas trop rire vu la gravité du sujet et la violence des séquences coup de poing du début mais c’est pourtant là l’ultime forme de résistance.

Ce qu’on peut reprocher à ce film dépend de nos attentes plus ou moins sophistiquées : les lenteurs de la seconde partie, quasi muette, après le départ du fils expulsé, et que la mère suit. Ne restent donc que le héros du film, devenu aphasique, et la tante Olga, que l’on a vu se murer dans son aveuglement et ses manies et qui n’est plus personne. Deux épaves de ces années vaines en quelque sorte, l’une passive que l’horizon bouché n’affecte plus, l’autre moins résigné, mais  qui, malgré un ultime effort pour franchir le mur (saut à la perche mémorable !) rentre au bercail faute d’avoir su trouver un lieu (le taxi et son chauffeur dérouté sous l’orage disent tout dès le début).

La scène de danse  ou la techno couvre les hauts parleurs appelant au couvre feu est hilarante, tout comme l’acharnement du tank qui suit tous les mouvements d’un passant qui n’obéit qu ‘à son portable.

L’auto-stoppeuse déguisée en soldate israélienne, la  scène de censure à la séance de cinéma, le plat de lentille indésirable, les remontrances de l’instituteur, la pêche à la ligne de nuit…, toutes ces petites touches concourent à créer une film décapant sur un sujet douloureux.

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1 Commentaires pour ce billet

  1. yonnet Says:

    J’ai vu aussi du Tati dans ce film, dans la manière mais aussi dans le fond. Ce qui m’a le plus étonné, c’est qu’Israël ne semble pas le plus mis en cause, mais l’impérialisme américain, l’impéralisme d’un mode de vie interplanétaire qui fait qu’on ne sait plus où on est, que des modes de vie de groupes très caractérisés sont remplacés par une absence de mode de vie personnelle caractérisée, mais où l’individu malgré les apparences et ce qu’il peut en croire pour faire bref est dans le duplicata (perso, j’ai eu du mal à identifier tout de suite les deux couples de la fin, je les confondais, mais je suis un peu tâche, mais cela donne une vision aussi différente). Un film de l’intérieur.

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